[ Marianne 2020 ]

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[ 8 août 2020 ]

… virtuARTlisation d’une composition personnelle




...
Comment ? La Liberté déchaîne ses colères ;
Partout, contre l'effort des erreurs séculaires ;
La Vérité combat pour s'ouvrir un chemin ;
Et je ne prendrais pas parti de ce grand drame ?
Quoi ! Ce cœur qui bat là, pour être un cœur de femme,
En est-il moins un cœur humain ?
...

Louise Ackermann, " Je ne vous offre plus pour toutes mélodies que des cris de révolte ", Paris, 7 janvier 1874.


[ cargo ]

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[ 11 juin 2020 ]

… virtuARTlisation d’une photographie personnelle



              

Seul, sur le quai désert, en ce matin d’été,
Je regarde du côté de la « barre », je regarde l’indéfini,
Je regarde, et j’ai plaisir à voir,
petit, noir et clair, un paquebot qui entre.
Il apparaît au loin, net et classique à sa manière,
Laissant derrière lui dans l’air distant la lisière vaine de sa fumée.
Il entre, et le matin entre avec lui, et sur le fleuve,
Ici et là, s’éveille la vie maritime,
...
Ah, qui sait, qui sait
Si je ne suis point déjà parti, autrefois, avant moi-même,
D’un quai ; si je n’ai point déjà quitté, navire au soleil
Oblique de l’aurore,
Une autre espèce de port ?

Fernando Pessoa, extrait de " Alvaro de Campos "


[ Royan ]

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[ 27 mai 2020 ]

… virtuARTlisation d’une photographie personnelle




La poussière de l’heure et la cendre du jour
En un brouillard léger flottent au crépuscule.
Un lambeau de soleil au lointain du ciel brûle,
Et l’on voit s’effacer les clochers d’alentour.

La poussière du jour et la cendre de l’heure
Montent, comme au-dessus d’un invisible feu,
Et dans le clair de lune adorablement bleu
Planent au gré du vent dont l’air frais nous effleure.

La poussière de l’heure et la cendre du jour
Retombent sur nos cœurs comme une pluie amère,
Car dans le jour fuyant et dans l’heure éphémère
Combien n’ont-ils pas mis d’espérance et d’amour !

La poussière du jour et la cendre de l’heure
Contiennent nos soupirs, nos vœux et nos chansons ;
À chaque heure envolée, un peu nous périssons,
Et devant cette mort incessante, je pleure

La poussière du jour et la cendre de l’heure…

( Lozeau, Albert, « La poussière du jour », Le miroir des jours, Montréal, 1912. ) 


[ la vie en rouge ]

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[ 13 avril 2020 ]

… virtuARTlisation d’une photographie personnelle en plein confinement



L’un toujours vit la vie en rose,
Jeunesse qui n’en finit plus,
Seconde enfance moins morose,
Ni vœux, ni regrets superflus.
Ignorant tout flux et reflux,
Ce sage pour qui rien ne bouge
Règne instinctif : tel un phallus.
Mais moi je vois la vie en rouge.

L’autre ratiocine et glose
Sur des modes irrésolus,
Soupesant, pesant chaque chose
De mains gourdes aux lourds calus.
Lui faudrait du temps tant et plus
Pour se risquer hors de son bouge.
Le monde est gris à ce reclus.
Mais moi je vois la vie en rouge.

Lui, cet autre, alentour il ose
Jeter des regards bien voulus,
Mais, sur quoi que son œil se pose,
Il s’exaspère où tu te plus,
Œil des philanthropes joufflus ;
Tout lui semble noir, vierge ou gouge,
Les hommes, vins bus, livres lus.
Mais moi je vois la vie en rouge.

Envoi
Prince et princesse, allez, élus,
En triomphe par la route où je
Trime d’ornières en talus.
Mais moi, je vois la vie en rouge.

( Paul Verlaine – 1844-1896 – Ballade de la vie en rouge


[ rouge frisson ]

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[ 4 mars 2020 ]

… virtuARTlisation d’une gravure ancienne en plein confinement



Rouge amoureuse
Pour prendre part à ton plaisir
Je me colore de douleur.

J’ai vécu tu fermes les yeux
Tu t’enfermes en moi
Accepte donc de vivre.

Tout ce qui se répète est incompréhensible
Tu nais dans un miroir
Devant mon ancienne image.

( Paul Eluard – Rouge amoureuse ) 


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